Capture d’écran 2015-01-12 à 00.13.00C’est assez difficile de savoir avec certitude en quelle année s’est effectué l’établissement de FONTAINE St Pancrace. Nous savons qu’il fut fondé peu après celui de Luxeuil, ce qui permet d’en déduire que la date de 595 semble la plus probable, mais pas plus tard.

Un promontoire assez large entouré d’une boucle de la Roge était un emplacement idéal. Cette petite rivière devait, pour la suite, jouer un rôle important à la fois pour notre village mais aussi pour toute la région devenue terre de surséance.

 

Une importante équipe de moines dut venir de Luxeuil pour se mettre aussitôt au travail. Les arbres furent abattus au milieu de la forêt qui, à cette époque, devait être continue des bois du Beuchot à ceux de Fougerolles et du Banney, une vaste clairière fut ouverte.

Au début, l’aspect devait être semblable en bien des points à celui des monastères irlandais, pays natal de St Colomban : cabanes de bois ou de pierres sèches disséminées autour d’un oratoire de bois, le tout entouré d’une haie vive, d’un profond fossé ou d’une partie de la rivière.

 

Capture d’écran 2015-01-12 à 00.13.13Avec le temps, la pierre étant abondante à Fontaine, on rectifia, on ajouta, on perfectionna. Il y eut donc, par la suite, une église avec des bâtiments alentour abritant une cuisine, un réfectoire, un dortoir, une infirmerie, une bibliothèque, un cellier, un grenier, une hôtellerie….Le moulin, la tuilerie, les écuries, le pigeonnier vinrent successivement.

 

L’emplacement de notre monastère actuel est certainement le même que celui qui avait été choisi par Saint Colomban, celui sur lequel subsistent encore les derniers bâtiments de notre monastère. Rarement, en effet, un monastère change de place. Détruit, il se relève assez rapidement au même endroit, ruines qui ne sont pas toujours inutilisables.

 

C’est Saint Colomban lui-même qui plaça notre monastère sous le patronage et la protection de Saint Pancrace, adolescent de 14 ans qui fut martyrisé par décapitation à Rome sur la voie Aurélienne, le 12 mai 304, sous le règne de l’empereur Dioclétien et dont le culte était très prospère à l’époque.

Notre monastère, repris par les Bénédictins, devait subsister jusqu’à la révolution qui vit son anéantissement. Soit près de 1 200 ans. Malgré les invasions, les guerres et les destructions, il s’était toujours relevé.

L’église très ancienne bâtie dans l’enceinte fut totalement rasée ainsi que l’aile gauche des bâtiments.

 

Seuls subsistent de nos jours, l’aile droite, la maison du Prieur commendataire, un très beau pigeonnier et quelques vestiges.

Si un voyageur épris des choses du passé arrête son regard sur ces derniers souvenirs, un beau portail du XVIIIème siècle pourtant mutilé attirera de suite son attention. S’il s’en approche, il pourra lire encore dans un médaillon à gauche que l’on peut toujours déchiffrer : Monasterii Sancti Pancratii 17 Porta 63 Porte du Monastère Saint Pancrace 1763.

Abbé Jean-Baptiste NOEL

   Le monastère de Fontaine : nouvelles découvertes.

Maxime Bolard, étudiant en master à l’université de Bourgogne Franche-Comté de Besançon. Membre du projet collectif de recherche « Monastères en Europe occidentale (Vème-Xème siecle).

Topographie et structures des premiers établissements en Franche Comté et en Bourgogne » dirigé par Sébastien Bully et Christian Sapin (CNRS)

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